Surgir (verbe)


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Il se dit proprement d'une Source, d'une eau qui sort de terre. "L'eau surgit du pied du rocher."
Il signifie aussi Arriver, aborder. "Surgir au port. Surgir à bon port." Dans ce sens il a vieilli et n'est guère usité qu'à l'infinitif.
Fig., "Surgir au port," Atteindre au but de ses voeux, réussir dans quelque chose qu'on avait entrepris. Il vieillit.
SURGIR s'emploie aussi figurément et signifie Survenir à l'improviste, s'élever tout à coup. "De nouvelles difficultés ent. On a vu tout à coup la réputation de cet écrivain."



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 



 1   Terme de marine. S'élever vers la terre, vers le port, mouiller, jeter l'ancre. Surgir à bon port.
J. J. ROUSS.: « J'ai surgi dans une seconde île déserte plus inconnue, plus charmante que la première »
    Fig. Surgir au port, atteindre le but de ses voeux.
LAMART.: « Ah ! si mon frêle esquif battu par la tempête, Grâce à des vents plus doux, pouvait au port ! »

 2   Il se dit d'une source, d'une eau qui jaillit. La terre fut ébranlée, et l'eau surgit à l'instant.
    Fig. On a vu tout à coup la réputation de cet écrivain. De nouvelles difficultés ent.
    Il se conjugue avec avoir, quand on veut marquer l'action : la fontaine qui a surgi tout à coup ; avec être, quand on veut marquer l'état : cette fontaine est surgie depuis hier.

HISTORIQUE
    XIIème siècle
     Th. le mart. 58: Se plaiz sursist d'eglise entre lais u letrez
    XIIIème siècle
     Lai d'Ignaurès: Les dames sourgent toutes pars, De courroux et d'ire inflammées
    XVIème siècle
RAB.: « La royne advertie comment en ce port sourgeoit le beau et pompeux convoy de vos vaisseaulx »
CHARRON: « Le bon marinier, avant du port, fait provision de ce qu'il faut pour resister à la tempeste »

ÉTYMOLOGIE
    Provenç. sorger, sorzer, sorjir, sorzir ; espagn. ; portug. sordir, surdir ; ital. sorgere ; du lat. surgere, contracté de surrigere, de sursum, en haut, et regere, diriger (voy. RÉGIR). Surgir, qui ne paraît qu'au XVIe siècle, est la forme latine du verbe dont sourdre (voy. ce mot) est la forme française. Dans l'historique, sourgent, sourgeoit appartiennent à sourdre.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Arriver, aborder. Il a vieilli et n'est guère usité qu'à l'infinitif. "Surgir au port. Surgir à bon port."
Fig., "Surgir au port," Atteindre au but de ses voeux, réussir dans quelque chose qu'on avait entrepris.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



s'emploie aussi figurément, et signifie, Sortir de, s'élever au-dessus de. "La discussion a fait de nouvelles difficultés. On a vu tout à coup la réputation de cet écrivain."



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


Arriver, aborder. "Surgir au port. Surgir à bon port". Il n'est guère d'usage qu'à l'infinitif.



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


Arriver, aborder. "Surgir au port. Surgir à bon port." Il n'est guère d'usage qu'à l'infinitif, & il vieillit.



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Verbe 

Aborder. Il vieillit, dit l'"Académie". On disait aûtrefois, " au port", " à bon port". 'Ils allèrent heureusement "surgir" tous ensemble "au" Port d'Acre. "Maimb." = À~ la fin du dernier siècle, "Andry" disait que ce verbe était du bel usage. Au commencement de celui-ci, "La Touche" remarquait qu'il ne se disait guère qu'au "fig." et en vers. On ne le dit ni au figuré, ni en prôse, ni en vers. Lors même qu'il était en usage, on ne le disait guère qu'à l'infinitif.



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Verbe 


Arriver, aborder. Il ne se dit qu'en ces phrases. "Surgir au port. à bon port:" & n'a guere d'usage qu'à l'infinitif.
"V." .




Emplacement dans le dictionnaire :

surévaluer
surexcite
surexciter
surface
surfaire
surfiler
surfleurir
surgeler
surgi

surgissement
surhausser
surhumain
surianées
surimposer
surin
surjaler ou surjauler
surjeter
surmenage
surmener
surmoi




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...par une observation positive des faits, on doit croire que l'hérédité a perdu du terrain au cours de l'évolution humaine. Un autre fait corrobore le précédent. Non seulement l'évolution n'a pas fait surgir de races nouvelles depuis le commencement de l'histoire, mais encore les races anciennes vont toujours en régressant. En effet, une race est formée par un certain nombre d'individus qui présentent,...


Citation n°2 de Paul VIDAL DE LA BLACHE (Principes de géographie humaine)

...Soustrait au lavage épuisant des pluies tropicales, il tient en réserve une foule de résidus solubles, d'éléments tels que chaux, potasse, magnésie, et par là une fertilité intrinsèque prête à surgir. Chaque année les hommes voyaient se renouveler le même miracle : une poussée subite de végétation, une floraison merveilleuse jaillissant, au premier contact des pluies de printemps, de terrains...


Citation n°3 de Maurice BARRÈS (Le Jardin de Bérénice)

...nous dit-il, aux époques préhistoriques, était recouverte par les eaux mélangées du fleuve et de la mer. Elle ne l'a pas oublié. La diversité de sa flore raconte les luttes de cette terre pour surgir de l'océan : sur les bosses croissent des pins et des peupliers blancs qui trouvent ici l'eau de pluie nécessaire à leurs racines ; dans les bas-fonds encore imprégnés d'eau salée, des joncs, des...


Citation n°4 de Émile MOSELLY (Terres lorraines)

...de se regarder vivre. Elle les sentait plutôt vaguement et fortement, et il se faisait en elle un mélange confus de tristesse et d'espérances. N'avait-elle pas réussi déjà une première fois à faire surgir en lui un grand élan d'amour sincère ? C'était encore à la fin d'un jour de printemps, par un crépuscule baigné de lumière blanche. Le soir s'attardait sur les prés, l'air était bleu, des branches...


Citation n°5 de Émile MOSELLY (Terres lorraines)

...Le temps était à l'orage : il faisait une chaleur lourde. Quelques coups de tonnerre grondèrent dans le lointain ; des éclairs sillonnèrent la nuit, coupant de lueurs bleuâtres les ténèbres, faisant surgir les toits de tuile des réduits à porc, les pruniers immobiles au fond des jardins, et tout près, un poulailler entouré d'un treillage en fil de fer, où des poules hérissées dormaient sur leur...


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